L’assurance décès est une couverture pensée pour protéger la famille d’un assuré en cas de disparition. Plus qu’un simple dispositif social, elle constitue un véritable soutien financier permettant aux proches de faire face aux dépenses immédiates et de préserver leur stabilité. Cet article explique son fonctionnement en Algérie, ses bénéficiaires, les conditions d’octroi et les démarches à suivre pour en bénéficier.

Qu’est-ce que l’assurance décès ?
L’assurance décès est une protection pensée pour sécuriser l’avenir de ses proches. Elle garantit, en cas de décès de l’assuré pendant la période couverte, le versement d’un capital ou d’une rente. Elle se présente sous deux formes : les prestations obligatoires de la sécurité sociale (capital décès et pensions de réversion), et les contrats privés souscrits auprès des assureurs.

On les confond souvent, pourtant l’assurance vie et l’assurance décès n’ont pas le même rôle.
L’assurance décès est avant tout une protection familiale. Si l’assuré décède ou devient invalide, ses proches reçoivent un capital ou une rente. C’est une aide immédiate pour faire face aux frais (obsèques, dettes, charges) et maintenir un équilibre de vie.
D’autre part, l’assurance vie, elle, est un véritable outil d’épargne et de transmission. Elle permet d’accumuler un capital sur le long terme, de financer des projets personnels (achat immobilier, études, retraite) et d’alléger la fiscalité lors de la succession.
En clair : l’assurance décès sécurise le présent, l’assurance vie construit l’avenir.
👉 Et n’oublions pas l’assurance obsèques, qui prend en charge directement les frais funéraires.
Qui est couvert par l’assurance ?
En Algérie, concerne une très large partie de la population.
👨💼 Salariés et indépendants
- Salariés du public et du privé affiliés à la CNAS.
- Travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales) affiliés à la CASNOS.
👩🎓 Catégories particulières
- Étudiants et apprentis.
- Artistes et autres professions bénéficiant d’une couverture sociale.
Ces statuts incluent généralement la prise en charge maladie et, dans certains cas, le capital décès.
👴 Retraités et bénéficiaires d’allocations
- Retraités, invalides, titulaires de rentes AT (accidents de travail).
- Bénéficiaires de certaines indemnités chômage.
➡️ Leurs ayants droit (conjoint, enfants, ascendants à charge) peuvent toucher un capital décès en cas de décès de l’assuré.

Des formules spécifiques d’assurance décès et obsèques existent pour les Algériens résidant à l’étranger. Certaines mutuelles islamiques financent directement le rapatriement du corps et les funérailles en Algérie. En l’absence d’assurance, certains consulats algériens peuvent prendre en charge le rapatriement, dans la limite d’un plafond fixé.
Montant du capital décès : comment est-il calculé ?
Le capital décès n’est pas une somme aléatoire : il est calculé pour refléter la situation de l’assuré au moment du décès. Son rôle est clair : offrir à la famille un soutien financier rapide et digne.
- Si le défunt était en activité, ses proches touchent l’équivalent de 12 mois de son meilleur salaire perçu l’année précédente.
- S’il s’agissait d’un retraité, d’un invalide ou d’un bénéficiaire de rente, le calcul se fait aussi sur 12 mois, mais cette fois en prenant comme base le montant de sa pension ou de sa rente.
- Pour les indépendants (artisans, commerçants, professions libérales), le capital est lié au revenu annuel déclaré et soumis à cotisations.
La loi prévoit toujours un plancher minimum. Jamais moins de 12 fois le SNMG pour un actif, et jamais moins de 12 fois la pension minimale de retraite pour les pensionnés.
Enfin, au-delà de ce capital unique, la législation algérienne ouvre aussi droit à une pension de réversion, versée au conjoint survivant et aux enfants. Une aide qui s’inscrit dans la durée et allège un peu le poids des lendemains.
Qui peut bénéficier du capital décès ?
Le capital décès est versé aux ayants droit de l’assuré décédé. Il s’agit des mêmes personnes qui ouvrent droit aux prestations de l’assurance maladie, à savoir :
- Le conjoint survivant (époux ou épouse).
- Les enfants à charge : mineurs, étudiants, apprentis ou enfants en situation de handicap.
- Les ascendants à charge (père, mère), si le défunt subvenait à leurs besoins.
👉 En cas de pluralité de bénéficiaires, le capital décès est réparti à parts égales entre eux.

Un travailleur actif en Algérie décède en laissant :
- son épouse,
- deux enfants mineurs,
- sa mère à charge.
Ces 4 ayants droit auront chacun droit à une part égale du capital décès.
Si le montant du capital décès est fixé à 240 000 DZD (12 fois le SNMG), la répartition sera la suivante :
- Épouse : 60 000 DZD
- Enfant 1 : 60 000 DZD
- Enfant 2 : 60 000 DZD
- Mère : 60 000 DZD
Conditions d’octroi et documents requis
Obtenir le capital décès n’est pas automatique : il faut remplir certaines conditions et fournir un dossier complet.
✅ Les conditions
Pour la CNAS, l’assuré doit avoir cotisé au moins 15 jours au cours des 3 derniers mois précédant le décès.
📂 Les documents à fournir
Les ayants droit doivent réunir un dossier comprenant notamment :
- Une demande officielle de capital décès (formulaire CNAS).
- Le certificat de décès (commune ou hôpital).
- Le livret de famille ou les actes d’état civil (naissance, mariage) pour prouver les liens familiaux.
- La carte Chifa de l’assuré.
- Une attestation de travail et les bulletins de salaire (ou justificatifs de revenus des 12 derniers mois) pour calculer le montant.
- Les preuves de la qualité d’ayant droit : acte de mariage pour le conjoint, actes de naissance pour les enfants, ou justificatifs fiscaux prouvant la charge d’un ascendant.
- Une déclaration sur l’honneur, attestant qu’aucun ayant droit n’a été oublié.

Dans le cadre d’un contrat d’assurance décès ou assurance-vie privé, les démarches varient selon la compagnie. Il faut se rapprocher directement de son assureur pour connaître la liste exacte des documents requis.
Où et comment déposer la demande ?
Lorsqu’un décès survient, les démarches administratives peuvent sembler lourdes. Voici ce qu’il faut savoir pour déposer une demande de capital décès :
Le dossier doit être déposé à la caisse CNAS de la wilaya où l’assuré était immatriculé. Selon les wilayas, il est possible de prendre rendez-vous ou d’obtenir des informations via le site de la CNAS. Le capital décès est versé en une seule fois, soit par chèque, soit par virement bancaire ou postal. S’il y a plusieurs ayants droit, la somme est partagée à parts égales entre eux.
Délais et formalités après le décès
- ⏳ Délai légal de réclamation : 4 ans maximum après le décès. Passé ce délai, le droit est perdu. 👉 En pratique, mieux vaut entamer les démarches dans les 6 premiers mois pour éviter tout blocage.
- 🗂️ Instruction du dossier : la CNAS ou la CASNOS prennent généralement quelques semaines à quelques mois pour traiter une demande. Les compagnies privées, elles, annoncent souvent des délais de 30 à 60 jours après réception du dossier complet.
- ✍️ Signatures et vérifications : les ayants droit doivent signer les formulaires nécessaires (dont la déclaration sur l’honneur). En cas de contrôle, ils peuvent être convoqués. Enfin, les comptes bancaires des bénéficiaires doivent être à jour pour permettre le virement.

En plus des prestations de la CNAS ou de la CASNOS, il est possible de renforcer sa protection avec une mutuelle, une assurance-emprunteur ou un contrat d’assurance décès souscrit auprès d’un assureur, d’une mutuelle ou d’une banque. Ces garanties ne remplacent pas la sécurité sociale, mais ajoutent un capital complémentaire.
Un bouclier financier indispensable pour vos proches
L’assurance décès, qu’elle soit obligatoire ou volontaire, constitue un pilier indispensable de la protection sociale. Face à l’épreuve du décès d’un proche, elle se présente comme une bouée de sauvetage financière permettant aux familles de traverser le deuil sans ajouter le poids des difficultés économiques.



